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L'Empreinte, scène nationale Brive-Tulle

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© Cosimo Mirco Magliocca

Théâtre

Polyeucte - Un baptême de sang

Corneille / Brigitte Jaques-Wajeman / Compagnie Pandora

01.03

ticket

Placement libre 

 

Durée estimée 2h

 

Renseignements 

05.55.24.62.22


 CREATION

 

En avant-scène du spectacle, une rencontre avec Brigitte Jaques-Wajeman, metteurE en scène de la cie Pandora est prévue à 18h30 à la baignoire d'Archimède (21 rue du Lieutenant-Colonel Faro) 

« Polyeucte s’ouvre sur l’opposition de l’homme et de la femme. Jamais Corneille n avait osé insister avec tant de franchise sur l’envoûtement des sens et de la possession amoureuse. »

 

Ainsi Serge Doubrovsky décrit-il le début de la célèbre tragédie de Corneille et en effet, quand la pièce commence, on voit littéralement Polyeucte sortir du lit conjugal, heureux, épanoui, et déclarer à son ami Néarque qui le presse

d’aller se faire baptiser :

 

«  Mais vous ne savez pas ce que c’est qu’une femme ! »

Vous ignorez quels droits elle a sur toute l’âme »

 

Cette nuit–là, Pauline, sa jeune femme - ils se sont mariés il y a quinze jours - a vu sa mort dans un mauvais rêve et voudrait le garder auprès d’elle! Polyeucte y consentirait volontiers, mais Néarque, son ami chrétien, le sermonne

et le presse d’aller se faire baptiser, lui enjoignant de ne se préoccuper que de Dieu désormais et de :

«  Négliger pour lui plaire et femmes et biens et rang, Exposer pour sa gloire et  verser tout son sang »

 

Après son baptême, qui a eu lieu entre le premier et le deuxième acte, on découvre avec stupeur que Polyeucte n’a désormais qu’une hâte, celle d’échanger la volupté heureuse qu’il goûte auprès de sa jeune femme, contre une

jouissance infiniment plus intense qu’il vient de découvrir : celle du sacrifice, du renoncement pour le martyre, d’un goût pressant de la mort… 

 

La splendide tragédie de Corneille où l’on voit des luttes magnifiques entre le désir amoureux et le désir du martyre, entre le goût de la vie et l’attraction de la mort, peut nous aider aujourd’hui à nous approcher de cette passion,

qui nous angoisse autant qu’elle nous fascine. Désir d’excès, désir de mort où des jeunes gens se découvrent à eux-mêmes capables d’actes effrayants, contre les forces de l’amour, quitte à les sacrifier. Désir d’excès qui aliène 

beaucoup plus qu’il ne libère.

 Le poète est en avance toujours et la tragédie assez riche pour qu’aucune réponse univoque ne soit satisfaisante. Mais la mise en scène de ce « mystère » peut nous faire mieux comprendre aujourd’hui ce qu’il en est de cette

passion effrayante!

Brigitte Jaques-Wajeman