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L'Empreinte, scène nationale Brive-Tulle

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© Thomas Métais

Apéro-Conversation

Se décentrer ou Pour qui les espèces nuisibles sont-elles nuisibles ?


Tribune #2 avec Olivia Rosenthal

« Mon appartement, comme des milliers d’autres, s’est s’effondré sur lui-même lors d’une séance de dynamitage publique. La foule était massée derrière des barrières de protection, et, malgré le risque que je courais à me mêler aux autres, j’étais aux avant-postes ce jour-là pour regarder mon immeuble tomber à genoux puis se dissoudre. Une épaisse fumée brune s’est déposée sur les toits, rambardes, balcons encore valides, et à la place de l’ancien bâtiment que j’avais occupé pendant plus de vingt ans un tas de gravats marquait la fin d’un monde. J’ai laissé advenir. »

Olivia Rosenthal, Éloge des bâtards Éd. Verticales - 2019

 

En préambule à la Foire du livre de Brive et à l’occasion de la sortie de son nouveau roman – Éloge des bâtards paru en septembre aux éditions Verticales –, nous recevons la romancière Olivia Rosenthal pour cette seconde tribune.
 

Olivia Rosenthal explore depuis plusieurs années une écriture à la frontière de la fiction et du document où les animaux sont des figures récurrentes, comme autant de miroirs tendus à l’humanité, au sauvage et aux frontières qui les séparent interrogeant ainsi les liens que nous entretenons avec les animaux : quelles relations entretenons-nous avec eux ? Qu’ils soient sauvages ou qu’ils occupent à nos côtés, nos villes – rats, pigeons, corbeaux, insectes ? Pourquoi avons-nous toujours l’impression que ce sont les animaux qui ne sont pas à leur place ? Comment alors se décentrer et inventer de nouvelles représentations ? Avec Eryck Abecassis, elle présente un extrait du spectacle Macadam Animal.


Romancière, dramaturge et performeuse, Olivia Rosenthal est également Maîtresse de Conférences en littérature française à l’université de Paris 8-Saint-Denis. Elle a publié dix fictions aux éditions Verticales – notamment Mes petites communautés (1999), Les fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005), On n’est pas là pour disparaître (2007), Que font les rennes après Noël ? (2010), Mécanismes de survie en milieu hostile (2014), Les Sept Voies de la
désobéissance
(2004) et Ils ne sont pour rien dans mes larmes (2012).
Elle a également écrit pour le théâtre (Les félins m’aiment bien ; Les Lois de l’hospitalité). Elle propose régulièrement des formes théâtralisées de ses textes.

Compositeur, Eryck Abecassis s’est formé à l’IRCAM. Il collabore régulièrement à la création de bandes originales pour le cinéma, la radio, le théâtre mais aussi pour les espaces publics (villes, rues, friches, etc.). Ses recherches portent sur le noise et l’écriture du bruit.