Théâtre
Un jour sans vent (Une Orestie)
ESCHYLE ET MILÈNE TOURNIER - DAS PLATEAU
Porté par trois interprètes à la présence magnétique et une scénographie à couper le souffle, cette réécriture des Atrides palpite de poésie et de tension sourde. La tragédie humaine et sa barbarie s’y donnent à voir avec une grande délicatesse.
Après avoir magiquement rafraichi le conte du Petit Chaperon rouge, Das Plateau s’attaque à un autre monument, vieux de 2 000 ans : les Atrides d’Eschyle. La réécriture de cet implacable cycle de guerre, de vengeance et de crimes familiaux autour d’Agamemnon, Clytemnestre, Électre et Oreste, a été confiée à la poétesse Milène Tournier qui, sans en tordre l’essence, met l’accent sur l’apparition de la justice et de la démocratie comme potentiels pacificateurs, dans une lecture féministe. Spectrale, toute en violence intériorisée, la présence des trois magnifiques comédien·nes — Aurélia Nova, Maëlys Ricordeau, Antoine Oppenheim — hante un décor somptueux — comme toujours chez Céleste Germe — fait de jeu de miroirs et d’une forêt de statues minérales figées. Dans cette pénombre bleutée qui alterne lumières dignes d’un tableau de la Renaissance et jaillissement d’un feu — un vrai ! —, les aspects les plus noirs de l’humanité se parent d’une infinie beauté.
Dans la presse :
"Avec Un jour sans vent (Une Orestie), Das Plateau s'empare des tragédies d'Eschyle dans un poème visuel et féministe somptueux.
Au cœur de la démocratie grecque, un matricide. Rythmé par la prose incandescente de la poétesse Milène Tournier, ce spectacle révèle, sans détours, la misogynie incrustée dans la trilogie antique. Pour relire ce mythe fondateur sous un prisme encore rarement féministe, Das Plateau orchestre une fresque plastique et sensorielle. Trois interprètes, excellents, Aurelia Nova, Antoine Oppenheim et Maëlys Ricordeau, passent d'un rôle à l'autre et incarnent tour à tour divinités, Atrides, témoins silencieux. Le trio évolue parmi un champ de statues grecques mutilées, leurs silhouettes inquiétantes se démultiplient dans un vaste miroir en fond de scène. La composition sonore lancinante de Jacob Stambach enveloppe le tout. À mesure que fragments et voix réactivent l'Orestie , c'est surtout son angle mort qui surgit : le regard des femmes. (...) La poésie, sombre et grave, se niche ici partout. Et reste en tête, longtemps."
Coups d’Œil - 4 décembre 2025
mentions
Production déléguée Das Plateau. Coproduction et résidences Comédie de Reims - CDN, Théâtre public de Montreuil - CDN. Coproductions Théâtre Dijon-Bourgogne - CDN, Le Lieu Unique - Scène nationale de Nantes, Théâtre La Joliette - Marseille. Accueil en résidence Théâtre de Choisy-le-Roi - Scène conventionnée d’intérêt national « Art et Création » pour la diversité linguistique, Théâtre de l’Odéon, Maison de la Poésie. Aide au compagnonnage auteur DGCA. Aide à la résidence d’auteur Théâtre Brétigny - Scène conventionnée d’intérêt national.
Das Plateau est conventionnée par la DRAC Île-de-France et soutenue par la Région Île-de-France au titre de l’aide à la permanence artistique et culturelle.
Extraits de L’Orestie de Eschyle, traduction de Florence Dupont, © L’Arche éditeur & agence théâtrale, 2013.
